Batteries : usage et entretien

Bien que qualifiées de « sans entretien », les batteries modernes demandent des soins particuliers pour donner leurs performances nominales tout au long de leur vie qui peut être fort longue : on fabrique déjà des batteries capables de fournir plus de mille cycles complets charge-décharge !

UNE MISE EN SERVICE PROGRESSIVE

Sur les accumulateurs d’ancienne technologie il était recommandé de « former » ou « formater » la batterie par deux ou trois cycles charge-décharge complets avant de lui demander toutes ses performances. Les accumulateurs lithium-ion récents sont affranchis de cette contrainte mais ils doivent être chargés au moins 24 heures d’affilée avant leur mise en service.

EVITER TOUT CHOC OU MANIPULATION BRUTALE

Le point faible de tous les accumulateurs, ce sont les connexions internes : chaque choc ou effort excessif sur les bornes tend à désolidariser les éléments actifs des électrodes des conducteurs sortants et les microfissures à ce niveau favorisent l’apparition de la corrosion interne qui est l’ennemi numéro 1

PROSCRIRE TOUTE DECHARGE EXCESSIVE

En sortant de l’enveloppe de fonctionnement normal d’un élément, on lui cause immédiatement des avaries irréversibles. Les batteries dernier cri sont munies d’un dispositif de coupure automatique à ce niveau lorsqu’elles sont en service. Lors des périodes de stockage, il faut s’assurer que le niveau de charge est suffisant pour qu’aucun élément ne risque d’atteindre la charge critique ; on préconise une charge mensuelle.

EVITER LES TEMPERATURES ELEVEES

Tous les accumulateurs supportent bien les basses températures mais ils vieillissent prématurément lorsqu’on les expose à des températures excessives par rapport aux spécifications du constructeur, même et surtout lorsqu’ils ne travaillent pas.

TOUJOURS UTILISER UN CHARGEUR APPROPRIE

A moins d’être un spécialiste averti, il faut strictement éviter l’emploi de chargeurs non prévus pour le type exact de votre batterie : les circuits internes du chargeur (et du boîtier de surveillance de l’accu lorsqu’il y en a un) dialoguent en permanence pour tenir compte de tous les paramètres : tension, température, quantité de courant déjà fournie, pression interne… et en déduire le courant et la tension à appliquer. En cas d’inadaptation de ces valeurs, l’accumulateur vieillit prématurément à un rythme d’autant plus rapide que l’on s’éloigne de la norme pour laquelle il a été calculé.

De plus, des accidents graves tels qu’incendies ou explosions peuvent se produire en cas de très mauvaises conditions de charge.

MENAGER UNE BATTERIE, C’EST S’ASSURER UN SERVICE LONGUE DUREE

Certes votre batterie vous a été vendue pour une certaine quantité d’énergie emmagasinable et donc, en principe, restituable mais de nombreux paramètres d’environnement et de fonctionnement interne réduisent le rapport R

R = nombre d’ampères-heure emmagasinés / nombre d’ampères-heure restitués

C’est notamment le cas pour :

  • La température de fonctionnement, idéale vers 25°C, encore acceptable entre -20 et +45°C ;
  • L’intensité moyenne débitée et sa durée de maintien ;
  • Les pointes d’intensité appelées et la fréquence de leur occurrence ;
  • Les chocs et vibrations diverses ;
  • Les recharges à fort courant, qualifiées de « rapides », même lorsqu’elles sont autorisées ;
  • Le vieillissement naturel, sensible dès l’accomplissement des 200 premiers cycles.

on appelle « rendement de charge » le rapport de l’énergie entrée dans la batterie au cours d’une recharge à l’énergie réellement emmagasinée dans les éléments ; ce rapport, qui peut être égal à 1 lors d’une charge partielle sur un accu très déchargé, diminue avec le niveau de charge et n’est jamais supérieur à 0,9 pour une recharge complète.